{"id":97,"date":"2008-06-17T21:26:44","date_gmt":"2008-06-17T19:26:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.masog.net\/?p=97"},"modified":"2008-06-17T21:26:44","modified_gmt":"2008-06-17T19:26:44","slug":"les-bd-trop-biensquon-lit-jamais","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/2008\/06\/17\/les-bd-trop-biensquon-lit-jamais\/","title":{"rendered":"LES BD TROP BIENS,QU&rsquo;ON LIT JAMAIS"},"content":{"rendered":"<p><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/\"><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/nikopolint.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/.thumbs\/.nikopolint.jpg\" border=\"2\" alt=\"nikopolint.jpg\" width=\"73\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/nausicaa01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/.thumbs\/.nausicaa01.jpg\" border=\"2\" alt=\"nausicaa01.jpg\" width=\"68\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/monster01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/.thumbs\/.monster01.jpg\" border=\"2\" alt=\"monster01.jpg\" width=\"70\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/marvel_09112003.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/.thumbs\/.marvel_09112003.jpg\" border=\"2\" alt=\"marvel_09112003.jpg\" width=\"63\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/liguedesgentlemenint01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/.thumbs\/.liguedesgentlemenint01.jpg\" border=\"2\" alt=\"liguedesgentlemenint01.jpg\" width=\"62\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/legendesL.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/.thumbs\/.legendesL.jpg\" border=\"2\" alt=\"legendesL.jpg\" width=\"69\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/Comes_Silence_01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/.thumbs\/.Comes_Silence_01.jpg\" border=\"2\" alt=\"Comes_Silence_01.jpg\" width=\"72\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/ayako_16092003.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/TOP_BIEN\/.thumbs\/.ayako_16092003.jpg\" border=\"2\" alt=\"ayako_16092003.jpg\" width=\"73\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><br \/>\nLA TRILOGIE NIKOPOL (Enki Bilal\/Les humano\u00efdes associ\u00e9s): Paris dans le futur est devenue la capitale d&rsquo;un pays fasciste dont les habitants ne parlent plus que pour exprimer des besoins \u00e9l\u00e9mentaires, dans un fran\u00e7ais d\u00e9sastreux. La premi\u00e8re chose qui nous frappe, c&rsquo;est: Waou! Ce Bilal, quel visionnaire! Ensuite, il nous balance son esth\u00e9tique tr\u00e8s personnelle d\u00e8s le premier album, tout \u00e0 fait naturellement. C&rsquo;est un curieux m\u00e9lange <!--more-->de cosm\u00e9tique tr\u00e8s p\u00e2le et de crasse grise permanente. Devenu une marque de fabrique par la suite, son graphisme s&rsquo;impose au sc\u00e9nario qui tout en \u00e9tant assez frondeur, n&rsquo;est pas non plus un summum de finesse. Jugez plut\u00f4t: Un cosmonaute plac\u00e9 en animation suspendue dans l&rsquo;espace se r\u00e9veille dans un avenir sombre et d\u00e9cadent. L\u00e0, un dieu \u00e9gyptien veut se servir de son corps pour \u00e9chapper aux siens pour ce qui para\u00eet \u00eatre un caprice. Ensemble, ils vont faire tomber un r\u00e9gime totalitaire et favoriser un autre \u00e0 la place. Nikopol va dans le deuxi\u00e8me volet originalement intitul\u00e9 \u00ab\u00a0La femme Pi\u00e8ge\u00a0\u00bb tomber amoureux d&rsquo;une paum\u00e9e et la sauver des somnif\u00e8res dans une aventure d&rsquo;avantage orient\u00e9e vers le polar (dont l&rsquo;une des particularit\u00e9 est de contenir une fausse page d&rsquo;un num\u00e9ro de l&rsquo;Humanit\u00e9 pour expliquer les changements entre les deux volets), pour finalement retrouver son fils avec le dieu Horus dans une ambiance tr\u00e8s farniente. L&rsquo;aspect tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9roclite de l&rsquo;ensemble est s\u00fbrement d\u00fb au fait que ce n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00e9vu pour \u00eatre une trilogie, et que con\u00e7ue sur une longue p\u00e9riode de cr\u00e9ativit\u00e9, l&rsquo;humeur passe all\u00e9grement de la hard-science d\u00e9brid\u00e9e et na\u00efve (dans laquelle se voit encore une influence \u00ab\u00a0Herg\u00e9\u00a0\u00bb dans la description de la dictature semblable \u00e0 la Bordurie de \u00ab\u00a0L&rsquo;Affaire Tournesol\u00a0\u00bb), au \u00ab\u00a0film noir\u00a0\u00bb glauque pour aboutir aux tendances \u00ab\u00a0auteurisantes\u00a0\u00bb et intellectuelles d&rsquo;un Bilal en pleine possession de son art. D&rsquo;un graphisme inoubliable et unique sur une histoire qui brode une atmosph\u00e8re r\u00e9solument \u00e0 part, La trilogie Nikopol s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre une lecture indispensable pour tout b\u00e9d\u00e9phile. Et c&rsquo;est avec conscience, que je remplis mon devoir aujourd&rsquo;hui de vous en parler. Une r\u00e9plique:  <em>\u00c9coutez&#8230;A d\u00e9faut d&rsquo;immortalit\u00e9, je me contenterais d&rsquo;une simple prolongation de deux ou trois si\u00e8cles&#8230;<\/em><br \/>\nNAUSICA\u00c4 DE LA VALLEE DU VENT ( Hayao Miyazaki\/Gl\u00e9nat): Le genre du post-apocalyptique vise souvent \u00e0 d\u00e9montrer que la folie des hommes les am\u00e8nera \u00e0 r\u00e9gresser t\u00f4t ou tard. Mais sorti de l\u00e0, le contexte est rarement d\u00e9velopp\u00e9. Ici Miyazaki R\u00e9invente le genre en \u00e9laborant un univers tr\u00e8s complexe. ce qui frappe d&rsquo;abord: l&rsquo;\u00c9cosyst\u00e8me. Toute la faune et la flore sont recr\u00e9\u00e9es \u00e0 la fois avec une rigueur de quasi biologiste et la folie d&rsquo;un Caza ou d&rsquo;un Moebius. Je cite ces derniers \u00e0 dessein car ils font parti des influences de l&rsquo;auteur qui ne se cache absolument pas de son admiration pour ces grands ma\u00eetres. Viennent derri\u00e8re les soci\u00e9t\u00e9s humaines qui tout en ayant \u00e9volu\u00e9 depuis un stade relativement proche des n\u00f4tres, sont repartis vers un syst\u00e8me tribal \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de grands empires au fonctionnement f\u00e9odal et aux religions  louchant vers l&rsquo;animisme des premiers jours. Une fois le d\u00e9cor et le climat plant\u00e9s, l&rsquo;intrigue se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9e avec de multiples rebondissements \u00e0 la fois politiques ou h\u00e9ro\u00efques mettant en sc\u00e8ne une pl\u00e9thore de protagonistes aux motivations diverses dans ce maelstr\u00f6m d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements. Pour r\u00e9sumer, deux empires se font la guerre dans une terre que l&rsquo;industrie a totalement ravag\u00e9 au point d&rsquo;ne d\u00e9former d\u00e9finitivement les climats, les faunes et les flores jusqu&rsquo;\u00e0 en devenir presque inhabitables pour l&rsquo;homme. Ils ont pour cela besoin des anciennes armes qui \u00e9tait pour le moins destructrices puisqu&rsquo;elles ont l&rsquo;effet qu&rsquo;on leurs conna\u00eet Nausic\u00e4a \u00e0 cause d&rsquo;une ancienne all\u00e9geance est oblig\u00e9e de partir \u00e0 la guerre afin d&rsquo;\u00e9viter un sort funeste \u00e0 son village prot\u00e9g\u00e9 des vapeurs toxiques par de forts vents marins. elle ne ve pas l&rsquo;entendre de cette oreille. Car voil\u00e0 l\u00e0 o\u00f9 Miyazaki se retrouve pleinement au del\u00e0 des id\u00e9aux \u00e9cologiques, il retrouve son personnage f\u00e9tiche, v\u00e9ritable fil rouge dans tous ses films: Son h\u00e9ro\u00efne: une femme qu&rsquo;il magnifie: Bellle, intelligente, elle pardonne et redonne vie autour d&rsquo;elle. Elle personnifie l&rsquo;amour, elle cristallise l&rsquo;\u00e9nergie positive des hommes et entra\u00eene derri\u00e8re elle telle une com\u00e8te, tous ceux qui retrouvant l&rsquo;espoir, auront enfin le courage de changer leur destin. La femme chez Miyazaki est une figure christique (sans la notion morbide de sacrifice)qui a le pouvoir de purifier nos \u00e2mes tortur\u00e9es. Une r\u00e9plique:<em>Une haine terrifiante dort en moi, qui \u00e9chappe \u00e0 mon propre contr\u00f4le. Je comprends maintenant les sentiments de L&rsquo;\u00d4mu, apr\u00e8s avoir tu\u00e9 pouss\u00e9 par la rage, il pleure.<\/em><br \/>\nMONSTER (Naoki Kurasawa\/Kana): Logiquement, j&rsquo;aurais d\u00fb plut\u00f4t s\u00e9lectionner TWENTIETH CENTURY BOYS du m\u00eame auteur qui est sans doute sup\u00e9rieur \u00e0 MONSTER \u00e0 tout point de vue. Que ce soit dans le th\u00e8me ou la trame \u00ab\u00a020th&#8230;\u00a0\u00bb ne cesse de surprendre par son audace et son inventivit\u00e9, mais Monster n&rsquo;est pas moins remarquable, il est plus sobre. Le propos n\u00e9cessite une rigueur et une documentation solide. Un brillant neurochirurgien sacrifie un jour sa carri\u00e8re en choisissant de sauver un petit gar\u00e7on plut\u00f4t qu&rsquo;un politicien en vue et tombe subitement dans une diabolique machination qui l&rsquo;entra\u00eenera \u00e0 tra\u00eener les routes pendant des ann\u00e9es, accus\u00e9 de meurtre. A t il le jour fatidique de l&rsquo;op\u00e9ration choisi de sauver la \u00ab\u00a0<em>bonne<\/em>\u00a0\u00bb personne?  Le docteur Tenma est un h\u00e9ros attachant qui sans \u00eatre d\u00e9missionnaire ne maitrise pas du tout les r\u00e8gles du jeu. Moins attach\u00e9 \u00e0 se disculper, qu&rsquo;\u00e0 sauver les \u00e2mes des autres, il parcourt l&rsquo;Allemagne moderne en compagnie d&rsquo;un enfant et de la jumelle du gamin qu&rsquo;il sauva tant\u00f4t, dans une qu\u00eate pour la v\u00e9rit\u00e9 qui n&rsquo;\u00e9pargnera personne. Le tempo est scand\u00e9 par le policier, sorte de Javert moderne, qui le poursuit inlassablement. Un fait notable pour un manga, l&rsquo;intrigue se d\u00e9roule hors du Japon et s&rsquo;offre une documentation discr\u00e8te (aucune erreur d&rsquo;allemand n&rsquo;est d\u00e9tect\u00e9e et il y a m\u00eame du tch\u00e8que), progressive et pourtant ind\u00e9niable. Si on subit les clich\u00e9s sur les N\u00e9o-nazis, le spectre du communisme, l&rsquo;immigration turque au d\u00e9but (par la suite la documentation devient plus s\u00e9rieuse), l&rsquo;auteur se sert habilement de tout ingr\u00e9dient qui pourra servir efficacement son intrigue et finit par \u00e9viter tout manich\u00e9\u00efsme par trop naus\u00e9abond. J&rsquo;en arrive au point fort de \u00ab\u00a0Monster\u00a0\u00bb, les descriptions des personnages  m\u00eame secondaires sont magnifiquement \u00e9crites avec une affection et une humanit\u00e9 qui touche le lecteur plus souvent qu&rsquo;\u00e0 son tour. Mention sp\u00e9ciale pour Eva la \u00ab\u00a0Fianc\u00e9e de Tenma\u00a0\u00bb, une garce bourgeoise et superficielle mais si vraie et si belle. A mon humble avis faire tenir une intrigue avec autant de ramifications tout en restant clair dans sa narration sur 18 tomes, sans baisse de r\u00e9gime ni de qualit\u00e9  tient du tour de force qu&rsquo;accomplit Urasawa avec brio. c&rsquo;est pour cette raison que j&rsquo;ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 privil\u00e9gier ce titre l\u00e0 plut\u00f4t que son suivant encore meilleur. C&rsquo;est dire&#8230; Une r\u00e9plique: <em>Quand J&rsquo;ai repris connaissance, c&rsquo;est ce que vous disiez: Vous les ha\u00efssiez au point de vouloir leur mort. Je n&rsquo;ai fait qu&rsquo;obe\u00efr \u00e0 votre attente.<\/em><br \/>\nMARVELS (Kurt Busiek-Alex Ross\/Panini):  Le chef d&rsquo;oeuvre qui parle au coeur. Kurt Busiek dans un \u00e9lan de nostalgie met ses tripes \u00e0 nu en \u00e9talant en de vibrant tr\u00e9molos, son amour des comics Marvel depuis leur naissance. Pour ce faire, il a trouv\u00e9 un le comp\u00e8re qu&rsquo;il faut: le peintre Alex Ross qui offre un rendu \u00ab\u00a0photo-r\u00e9aliste\u00a0\u00bb \u00e0 nos guignols costum\u00e9s pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. Le r\u00e9sultat est ce qui pourrait \u00eatre le film de la saga Marvel. Une oeuvre qui met \u00e0 genoux par la sensibilit\u00e9 et la  sinc\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9criture rendue par l&rsquo;\u00e9motion du dessin magique, \u00e0 la fois classique et peint. La trouvaille qui met d\u00e9finitivement \u00e0 part \u00ab\u00a0Marvels\u00a0\u00bb des autres productions de la \u00ab\u00a0Maison des id\u00e9es\u00a0\u00bb, c&rsquo;est le point de vue quasi sociologique de l&rsquo;Am\u00e9rique de la grande \u00e9poque pr\u00e9sent\u00e9e ici. Nous suivons pas \u00e0 pas la carri\u00e8re d&rsquo;un journaliste qui va assister \u00e0 l&rsquo;explosion de la science folle du xxi\u00e8me si\u00e8cle , voir na\u00eetre tous les super-h\u00e9ros les plus embl\u00e8matiques de cet univers, et c&rsquo;est \u00e0 travers ses yeux qu&rsquo;on assistera \u00e0 tous ces prodiges que sont la cr\u00e9ation des vengeurs, la naissance de la premi\u00e8re torche humaine, la r\u00e9surrection de Captain  America, l&rsquo;apparition des mutants, les premiers combats des quatre fantastiques et la cabale des journaux contre Spider-man. Pr\u00e9figurant de mani\u00e8re r\u00e9solument moderne tous les comics qui \u00ab\u00a0peoplisent\u00a0\u00bb les h\u00e9ros (X-statix, Wildguard, Powers, Noble causes), Les auteurs jouent avec les m\u00e9taphores pour faire une le\u00e7on d&rsquo;histoire o\u00f9 seconde guerre mondiale, folie de la science, spectre du communisme, m\u00e9diatisation et recherche du bonheur des hippies sont habilement remises en contexte avec un beau travail de reconstitution (certaines restitutions de planches originales sont magnifiques, notamment pour les FF). Hommage vibrant \u00e0 tous les amoureux  du \u00ab\u00a0golden age\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0silver age\u00a0\u00bb du comics, \u00ab\u00a0Marvels\u00a0\u00bb se termine significativement par la mort de Gwen Stacy la petite amie de spider-man \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, c&rsquo;est la mort de l&rsquo;innocence, d&rsquo;une \u00e9poque. Et c&rsquo;est sur cette note presque douloureuse qu&rsquo;on nous plante l\u00e0 . Plus jamais personne ne pourra jamais plus m\u00e9priser un vieux comics marvel apr\u00e8s \u00e7a. L&rsquo;heure de s&rsquo;incliner face aux \u00ab\u00a0Merveilles\u00a0\u00bb que le monde a \u00e0 nous offrir est enfin venue. Une r\u00e9plique: <em>Les Marvels n&rsquo;\u00e9taient pas l\u00e0 pour gagner le respect des m\u00e9diocres. Mais pour sauver les innocents. Les gens comme Gwen.<\/em><br \/>\nLA LIGUE DES GENTLEMEN EXTRAORDINAIRES (Alan Moore-Kevin O&rsquo;Neil\/Comics USA): \u00ab\u00a0Il n&rsquo;existe pas de mauvais personnage, il n&rsquo;existe que des mauvais sc\u00e9naristes.\u00a0\u00bb Voil\u00e0 la d\u00e9claration courageuse d&rsquo;Alan Moore, v\u00e9ritable Midas du 9e art pour quiconque un chou\u00efa vers\u00e9 dans la b\u00e9d\u00e9philie. Parmi la pl\u00e9thore de ses oeuvres o\u00f9 il serait bien mal ais\u00e9 d&rsquo;en d\u00e9tecter une qui soit m\u00e9diocre (mais le sp\u00e9l\u00e9ologue que je suis a trouv\u00e9 \u00ab\u00a0Violator\u00a0\u00bb), j&rsquo;ai voulu s\u00e9lectionner la plus besogneuse. La somme de travail qui en amont a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour la r\u00e9alisation de la \u00ab\u00a0Ligue\u00a0\u00bb fut sans nul doute colossale. A l&rsquo;instar d&rsquo;un kim Newman qui avait, dans sa trilogie vampirique m\u00e9lang\u00e9 \u00e9vennements r\u00e9\u00e9ls et de litt\u00e9ratures jusqu&rsquo;\u00e0 construire une v\u00e9ritable g\u00e9n\u00e9alogie des vampires, Moore utilise \u00ab\u00a0l&rsquo;intertextualit\u00e9\u00a0\u00bb des euvres de Jules Verne, H.G. Wells, Jonathan Swift, Bram Stoker, Conan Doyle, Edgar allan Poe et j&rsquo;en passe afin d&rsquo;\u00e9difier un univers coh\u00e9rent, o\u00f9 seul ma\u00eetre de la continuit\u00e9, il fait se renconter les plus grandes ic\u00f4nes des romans du XIX\u00e8me si\u00e8cle. Il serait vain d&rsquo;\u00e9numerer la liste des r\u00e9f\u00e9rences aussi presitgieuses soient-elles car l\u00e0 n&rsquo;est pas vraiment le propos de Moore qui se posant en v\u00e9ritable historien apporte un r\u00e9flexion sur les Mythes h\u00e9ro\u00efques dans la fiction populaire. Songez qu&rsquo;avec la \u00ab\u00a0Ligue\u00a0\u00bb nous voyons les anc\u00eatres des \u00ab\u00a0univers partag\u00e9s\u00a0\u00bb des comics Marvel ou DC. Au del\u00e0 de tout \u00e7a, Moore et O&rsquo;Neil brossent une aventure palpitante empruntant leurs tics \u00e0 ceux de l&rsquo;\u00e9poque qu&rsquo;ils d\u00e9crivent, et d\u00e9livrent ainsi le message que seuls de grands auteurs savent se fondre dans le style d&rsquo;autrui sans rien perdre de leurs ambitions. Mauvais sc\u00e9nariste? Alan Moore n&rsquo;est certainement pas l&rsquo;un de ceux l\u00e0. Une r\u00e9plique: Quatermain: <em>La r\u00e9volte Mahdi est un exemple de la complaisance britannique. Nous avons fait la guerre \u00e0 une culture sans la comprendre&#8230;et nous nous sommes fait massacrer.<\/em><br \/>\nLEGENDES DES CONTREES OUBLIEES (Bruno Chevalier-Thierry S\u00e9gur\/ Delcourt): L&rsquo;\u00e9cole Franco-Belge chie les bds d&rsquo; \u00ab\u00a0h\u00e9ro\u00efc-fantasy\u00a0\u00bbplus vite que la lumi\u00e8re, et parmi elles, quelques-une ont retenues l&rsquo;attention du public comme la l\u00e9gendaire \u00ab\u00a0Qu\u00eate de l&rsquo;oiseau du temps\u00a0\u00bb mais il ya un je-ne-sais-quoi qui ne m&rsquo;a jamais scotch\u00e9. Ces saga sont toujours d&rsquo;une tristesse et d&rsquo;un fatalisme qui sied mal au mondes  faits de merveilles et de prodiges. Et puis il y a celle-ci. D\u00e9butant en toute modestie par des auteurs qui cachetonnent dans \u00ab\u00a0Cassus Belli\u00a0\u00bb avec les gags de \u00ab\u00a0Croc le b\u00f4\u00a0\u00bb, l&rsquo;intrigue nous entra\u00eene \u00e0 la suite d&rsquo;une \u00e9quip\u00e9e de Nains tous droits sortis de la t\u00eate de Tolkien, \u00e0 la recherche de leur roi disparu dans le nord. Ils ignorent malheureusement qu&rsquo;ils sont les jouets de puissances aussi omnipotentes que mesquines qui s&rsquo;opposent depuis des si\u00e8cles dans l&rsquo;ombre emportant dans leurs conflits les destins des hommes. Fort de ce caneva \u00e0 la fois simple et efficace, les auteurs ne prennent aucune facilit\u00e9 du genre: \u00ab\u00a0on va mettre une rousse aux gros nichons\u00a0\u00bb. En faisant l&rsquo;impasse sur le cot\u00e9 sexy qu&rsquo;ont ce genre d&rsquo;histoires, les auteurs fabriquent une vraie histoire de mecs au ton tr\u00e8s \u00e9pique. Exit \u00e9galement les histoires de \u00ab\u00a0grandes conjonctions\u00a0\u00bb et de fin du monde que les fans du genre adorent tant. La base est une histoire d&rsquo;amour et de vengeance comme dans les vielles dramatugries greques qui avaient surtout vocation d&rsquo;illustrer surtout des h\u00e9ros. Ici c&rsquo;est la m\u00eame chose, ce sont les personnages qui sont importants et tr\u00e8s bien d\u00e9velopp\u00e9s. Je vous invite pour vous convaincre \u00e0 lire la derni\u00e8re page o\u00f9 malgr\u00e9 les silences, tout est dit. En dire plus reviendrait \u00e0 dire du mal des autres et ce ne serait pas sympa. Une r\u00e9plique: Aren: <em>Un po\u00e8me dit ceci: \u00ab\u00a0Si loin tu doit qu\u00e9rir, embauche un coquin et fortune \u00e0 ch\u00e9rir il connait le chemin\u00a0\u00bb la<\/em> <em>suite ne te plairait s\u00fbrement pas!<\/em> Firfin: <em>Tss. ce po\u00e8me est stupide, il est nain!<\/em><br \/>\nSILENCE (Didier Com\u00e8s\/Casterman): D\u00e8s les premi\u00e8res case, nous sommes plong\u00e9s dans l&rsquo;univers tr\u00e8s personnel de Com\u00e8s: La wallonie paysanne, tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de l&rsquo;image habituelle de la Belgique. Un monde tr\u00e8s petit g\u00e9ographiquement rendu bucolique par le crayon et infiniment myst\u00e9rieuse, par les ombres que l&rsquo;encre lui apportent. La wallonie aussi fascinante et dangereuse que la bretagne? Vous parlez d&rsquo;un g\u00e9nie! Pour ceux qui l&rsquo;ignorent, Com\u00e8s est l&rsquo;un des grands ma\u00eetre du Noir et Blanc au m\u00eame titre que Pratt, Miller ou Snejberg. A grands coups de superstitions, de magie sombre et froide, de mal\u00e9dictions et de nature sauvage, Silence nous emm\u00e8ne dans un petit village cafardeux o\u00f9 les paysans fleurent bon le fumier qu&rsquo;ils travaillent. Silence est un jeune homme attard\u00e9 et muet, il ne peut s&rsquo;exprimer que sur une ardoise. Il fait bien \u00e9videmment parti des exclus du village qui le consid\u00e8re comme l&rsquo; \u00ab\u00a0idiot\u00a0\u00bb de l&rsquo;expression. Sans r\u00e9aliser ce qui lui arrive, il sera l&rsquo;instrument de la vengeance d&rsquo;une sorci\u00e8re gitane qui compte bien d\u00e9terrer tous les secrets des placards des notables du hameau. Nous voil\u00e0 dans une histoire sombre aux relants rances d&rsquo;intol\u00e9rance et des crasses de l&rsquo;\u00e2me huamine. Pur entre les purs, Silence devra apprendre que ce monde n&rsquo;est pas fait pour lui, amoureux de la mer et des animaux. Seul un autre paria: un Nain affreux et pervers lui apportera son soutien jusqu&rsquo;au d\u00e9nouement d\u00e9licieux, o\u00f9 seule la m\u00e9chancet\u00e9 peut en an\u00e9antir une autre. D\u00e9j\u00e0 Silence est loin de la vengeance, du mal. Plus rien ne peut plus atteindre le pur, m\u00eame s&rsquo;il a d\u00fb pour \u00e7a en payer le prix. Une r\u00e9plique:  <em>Je m&rsquo;apel Silence \u00e9 je sui genti.<\/em><br \/>\nAYAKO (Osamu Tezuka\/D\u00e9lcourt): Peut on se passionner pour une sorte de \u00ab\u00a0Dallas\u00a0\u00bb \u00e0 la japonaise? Oui, et ce pour deux raisons: La premi\u00e8re \u00e9tant que les japonais ont par leur culture \u00e9pargn\u00e9e par la gangr\u00e8ne jud\u00e9o-chretienne, des tabous tr\u00e8s diff\u00e9rents des notres. Aussi ne leur est pas particuli\u00e8rement difficile d&rsquo;explorer et de mettre \u00e0 nu les tourments et les vices d&rsquo;une famille de riches japonais apr\u00e8s la guerre.  Trafic, argent sale, inceste, adult\u00e8re et volont\u00e9 de puissance sont le quotidien des Teng\u00e9 oblig\u00e9s \u00e0 c\u00e9der leurs terres apr\u00e8s les r\u00e9formes agraires de 1947. Ayako, la benjamine devient vite l&rsquo;objet de toutes ces intrigues. Devenue ind\u00e9sirable, elle sera enferm\u00e9e dans une cave pendant plus de vingt ans sans voir le jour. Dans ces conditions, vous serez d&rsquo;accord que c&rsquo;est difficile de rester sain d&rsquo;esprit. En fait rien ne d\u00e9range les japonais tant que les apparences ne sont pas en cause. La seconde raison est bien \u00e9videmment l&rsquo;auteur. Osamu Tezuka est un narrateur qui ne conna\u00eet jamais le repos. il compose ses sc\u00e8nes pour qu&rsquo;elle soient \u00e0 chaque fois le plus efficaces possibles. Ainsi, impossibles d&rsquo;oublier la folie de certaines pages, dont les sous entendus font froid dans le dos. Horizontale, verticale, photo-r\u00e9alisme, caricature, m\u00e9taphore, la mise en sc\u00e8ne explore toutes les possibilit\u00e9s de chaque id\u00e9e avant de la presser au maximum sous le pinceau du \u00ab\u00a0Dieu du Manga\u00a0\u00bb  qui plus que jamais m\u00e9rite son titre , v\u00e9ritable inventeur et d\u00e9ffricheur de codes graphiques dans le laboratoire bouillonant de son art. Les images restent grav\u00e9es dans le cerveau et je cite pour m\u00e9moire le chapitre de la \u00ab\u00a0Chrisalide\u00a0\u00bb dans laquelle Ayako grandit, devient adulte et une tr\u00e8s belle femme au demeurant. Compar\u00e9e au papillon, elle en poss\u00e8de un temps les atours sous nos yeux voyeurs d&rsquo;entomologistes malades. une r\u00e9v\u00e9lation! Une r\u00e9plique: <em>Sache que j&rsquo;ai consult\u00e9 les registres de la famille. Eh ben c&rsquo;est pas une g\u00e9n\u00e9alogie qu&rsquo;on a, c&rsquo;est un cloaque! <\/em><br \/>\nIl y a probablement  certaines omissions qui ne manqueront pas de vous surprendre. Tr\u00e8s peu sont volontaires mais je n&rsquo;ai pas voulu citer Taniguchi que je n&rsquo;ai jamais lu mais qui fait l&rsquo;admiration des p\u00e9dants, <em>Maus<\/em> me para\u00eet suspect, <em>Watchmen<\/em> particuli\u00e8rement dat\u00e9 et sa fin, pas \u00e0 la hauteur de sa r\u00e9putation, et <em>Blake et Mortimer<\/em> n&rsquo;est qu&rsquo;une anti-th\u00e8se de ce que doit \u00eatre une Bande-dessin\u00e9e. Malgr\u00e9 cela je suis surpris de constater que je n&rsquo;ai pas parl\u00e9 de Franquin, Will Eisner o\u00f9 d&rsquo;autres encore&#8230;<br \/>\nMon esprit reste ouvert et curieux, curieux de conna\u00eetre les remarques \u00e9ventuelles que vous pourriez me faire parvenir.<br \/>\nVos commentaires sont les bienvenus \u00e0 l&rsquo;adresse suivante: <a href=\"mailto:eddyvanleffe@free.fr\">eddyvanleffe@free.fr<\/a>. J&rsquo;y r\u00e9pondrai, c&rsquo;est promis!<br \/>\nEddy Van Leffe<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA TRILOGIE NIKOPOL (Enki Bilal\/Les humano\u00efdes associ\u00e9s): Paris dans le futur est devenue la capitale d&rsquo;un pays fasciste dont les habitants ne parlent plus que pour exprimer des besoins \u00e9l\u00e9mentaires, dans un fran\u00e7ais d\u00e9sastreux. La premi\u00e8re chose qui nous frappe, c&rsquo;est: Waou! Ce Bilal, quel visionnaire! 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