{"id":90,"date":"2008-03-22T21:37:44","date_gmt":"2008-03-22T19:37:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.masog.net\/?p=90"},"modified":"2008-03-22T21:37:44","modified_gmt":"2008-03-22T19:37:44","slug":"mes-combats-en-allemand-cest-vulgairepartie-4","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/2008\/03\/22\/mes-combats-en-allemand-cest-vulgairepartie-4\/","title":{"rendered":"MES COMBATS ! En allemand, \u00e7&rsquo;est vulgaire&#8230;(partie 4)"},"content":{"rendered":"<p><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/strangersinparadise4_30072002.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/.thumbs\/.strangersinparadise4_30072002.jpg\" border=\"2\" alt=\"strangersinparadise4_30072002.jpg\" width=\"71\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/MidnightNationINT01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/.thumbs\/.MidnightNationINT01.jpg\" border=\"2\" alt=\"MidnightNationINT01.jpg\" width=\"71\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/UruseiYatsuraLamu4_19112005.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/.thumbs\/.UruseiYatsuraLamu4_19112005.jpg\" border=\"2\" alt=\"UruseiYatsuraLamu4_19112005.jpg\" width=\"71\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/UsagiYojimbo6_24092005.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/.thumbs\/.UsagiYojimbo6_24092005.jpg\" border=\"2\" alt=\"UsagiYojimbo6_24092005.jpg\" width=\"71\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/decapeetdecrocs05couv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/.thumbs\/.decapeetdecrocs05couv.jpg\" border=\"2\" alt=\"decapeetdecrocs05couv.jpg\" width=\"71\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/gto01g_09022003.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/.thumbs\/.gto01g_09022003.jpg\" border=\"2\" alt=\"gto01g_09022003.jpg\" width=\"71\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/planetary01_24032004.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/.thumbs\/.planetary01_24032004.jpg\" border=\"2\" alt=\"planetary01_24032004.jpg\" width=\"71\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><a rel=\"lightbox\" href=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/soleil1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masog.net\/bd\/uploads\/my_fights\/.thumbs\/.soleil1.jpg\" border=\"2\" alt=\"soleil1.jpg\" width=\"71\" height=\"96\" align=\"middle\" \/><\/a><br \/>\nSTRANGERS IN PARADISE (Terry Moore\/Akil\u00e9os): Que dire? SIP est un authentique chef d&rsquo;oeuvre du 9e art. Pourquoi ? Parce que l&rsquo;histoire d&rsquo;amiti\u00e9 et d&rsquo;amour entre les trois personnages principaux est incroyablement bien \u00e9crite. Un mot sur l \u00e9criture de cet ovni. l&rsquo;auteur s&rsquo;accorde toutes les libert\u00e9s narratives qui lui serviront \u00e0 rendre au mieux les \u00e9motions des protagonistes. de la nouvelle illustr\u00e9e au po\u00e8mes sur pleine planche en passant par les bonds sporadiques dans le temps, tout est bon pour rendre l&rsquo;intrigue plus passionnante. Car loin d&rsquo;\u00eatre des \u00ab\u00a0ruses\u00a0\u00bb narratives, l&rsquo;histoire se nourrit de cette diversit\u00e9 des humeurs qui apportent ce \u00ab\u00a0vivant\u00a0\u00bb et cette \u00ab\u00a0chair\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;ensemble. L&rsquo;\u00e9motion se fait vibrante pour s&rsquo;a\u00e9rer subtilement par la suite au contact de la cocasserie du quotidien des h\u00e9ros. Les multiples rebondissements sentimentaux nous attache irr\u00e9m\u00e9diablement \u00e0 Katchoo, David et Francine, sorte d&rsquo;avatars d&rsquo;Archie et ses copines, comme quoi les triangles amoureux ne se d\u00e9modent jamais.  Damien le vendeur d&rsquo;Astro city \u00e0 Lille me disait quand je lui demandai ce que pouvait bien raconter SIP, que c&rsquo;\u00e9tait une \u00ab\u00a0tranche de vie\u00a0\u00bb qu&rsquo;on ne pouvait r\u00e9sumer \u00e0 un genre particulier. L&rsquo;auteur explose si bien toutes les limites qu&rsquo;on se prend \u00e0 r\u00eaver \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;action dont il pu jouir. Aucun  \u00e9diteur n&rsquo; a d\u00fb jouer les trouble-f\u00eate sur un tel objet. Strangers in Paradise est la d\u00e9finition et l&rsquo;ach\u00e8vement de ce que j&rsquo;appelle une \u00ab\u00a0oeuvre d&rsquo;auteur\u00a0\u00bb, un mod\u00e8le du genre qui ne contient aucun d\u00e9faut dans l&rsquo;ex\u00e9cution (comme Maison Ikkoku). un autre stade de la bande dessin\u00e9e. Plus Haut, Plus grand! Dieu que l&rsquo;humanit\u00e9 est belle quand elle est \u00e9crite par Terry Moore&#8230;. Une citation: <em>&#8230;Dix ans. Je sens ses cheveux dans le vent, l&rsquo;odeur de l&rsquo;hiver. D&rsquo;un coup, je me rends compte que je n&rsquo;ai pas respir\u00e9 depuis dix ans. <\/em><br \/>\n<!--more--><br \/>\nMIDNIGHT NATION (Joe Straczynski-Gary Frank\/Semic): Encore un pur bijou sorti dans son coin sans faire grand bruit. Le cr\u00e9ateur de Babylone 5 est depuis longtemps fan de bd et apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 Heroes avant Heroes avec Rising Stars, il se d\u00e9cide \u00e0 faire une petite s\u00e9rie en douze chapitres o\u00f9 tout est pr\u00e9vu \u00e0 l&rsquo;avance: C&rsquo;est Midnight Nation. Un flic de Los Angeles divorc\u00e9, enqu\u00eate sur une s\u00e9rie de meurtres tous les plus horribles les uns que les autres. Il se fait blesser gri\u00e8vement par des cr\u00e9atures translucides (les marcheurs)et atterrit dans un monde \u00e0 cot\u00e9 du notre, o\u00f9 vivent les personnes oubli\u00e9es, les \u00ab\u00a0entre deux\u00a0\u00bb et les futurs morts comme lui. Il y fait la connaissance de Laurel qui se pr\u00e9sente comme son guide dans sa qu\u00eate, car il faudra s&rsquo;il veut rejoindre le monde des vivants r\u00e9cup\u00e9rer son \u00e2me dans un d\u00e9lai de douze mois et voyager de Los Angeles \u00e0 New York \u00e0 pied. Pass\u00e9 ce d\u00e9lai il deviendra un marcheur&#8230; et Laurel devra le tuer. Chaque \u00e9pisode se construit comme une petite fable humaniste qui ajoute une brique suppl\u00e9mentaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9difice tr\u00e8s ouvrag\u00e9 que nous fa\u00e7onnent les deux comp\u00e8res Joe et Gary. les chocs et les r\u00e9v\u00e9lations de ce Road-movie se font \u00e9tonnantes et crescendo jusqu&rsquo;\u00e0 la conclusion forte et emplie de po\u00e9sie. S&rsquo;il faut un r\u00e9alisateur pour adapter ce voyage au cin\u00e9ma, c&rsquo;est celui du sixi\u00e8me sens. La m\u00eame sensibilit\u00e9 qui fait cohabiter le r\u00e9el avec le fantastique hante les deux opus. Tout cela pour dire qu&rsquo;il est indispensable de lire ce joyau de l&rsquo;\u00e9cole am\u00e9ricaine quand elle tire le meilleur de ses forces. Une r\u00e9plique: Je ne citerai pas r\u00e9plique, mais le dialogue entre David et lui m\u00eame est magique surtout quand on le revoit plus tard dans un autre contexte. Grandiose!<br \/>\nLAMU-URUSE\u00cf YATSURA (Rumiko Takahashi\/Gl\u00e9nat): Un manga fondateur \u00e0 plus d&rsquo;un titre. La Mythologie extr\u00eamement riche du folklore japonais sert de d\u00e9corum pour un sc\u00e9nario totalement farfelu, en effet tous les monstres fabuleux ne sont en fait que des extra-terrestres ayant un penchant pour le pays du soleil levant. Le petit japonais moyen attire \u00e9galement tout un tas de bombes sexuelles compl\u00e8tement caract\u00e9rielles qui lui pourrissent le quotidien. Et enfin, cet anti-h\u00e9ros se trouve une fianc\u00e9e affreusement jalouse et possessive capable de toutes les violences sur son \u00ab\u00a0heureux-\u00e9lu\u00a0\u00bb dans le but de le convaincre de rester avec elle (on s&rsquo;\u00e9tonne mais elle a du mal). Tous ces clich\u00e9s sh\u00f4nen viennent de Lamu qui a \u00e9galement popularis\u00e9 un humour non-sensique mais sans d\u00e9border dans l&rsquo;hyst\u00e9rie qui caract\u00e9rise la plupart des productions actuelles. En effet Takahashi a su \u00eatre pr\u00e9curseur dans son pays mais reste passablement ignor\u00e9e sous nos contr\u00e9es pour cause d&rsquo;incompatibilit\u00e9 suppos\u00e9e avec nos esprits occidentaux. Mais qui a pondu cette connerie? Les mangas aujourd&rsquo;hui ne parlent pour ainsi dire que du japon et les fans deviennent parfois dans leurs obsessions de v\u00e9ritables petits nippons par procuration. C&rsquo;est heureux car cela  a enfin permis \u00e0 la lumi\u00e8re de ce r\u00e9cent int\u00e9r\u00eat pour le Japon de traduire cette grande fresque qu&rsquo;est Uruse\u00ef Yatsura (Vos Gueules les aliens! en original)  Peu \u00e0 peu pourtant derri\u00e8re le contenu d\u00e9brid\u00e9 de la s\u00e9rie se profilent des questions troublantes dans un tel d\u00e9lire. Comment faire croire \u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9 des propos quand ils ont \u00e9t\u00e9 dis sous la contrainte? Ainsi Ataru forc\u00e9 de fr\u00e9quenter Lamu, ne peut avouer ses v\u00e9ritables sentiments. Il ne peut les exprimer que par des moyens d\u00e9tourn\u00e9s, le plus souvent par la col\u00e8re. Les mots sont ils si importants? Souvent les quiproquos et les situations cocasses rendent la v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9risoire. Et la Jeunesse qu&rsquo;est ce qui la caract\u00e9rise le plus ?l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re? Alors Ataru et ses amis comptent bien en profiter jusqu&rsquo;au bout. pourquoi devraient ils se presser de devenir adultes comme leurs parents? Le plus touchant dans ce Manga, c&rsquo;est sans doute que pass\u00e9 le catalogue des l\u00e9gendes nippones d\u00e9form\u00e9es, Ataru d&rsquo;abord pris \u00e0 rebrousse poil par sa jolie fianc\u00e9e, s&rsquo;acclimate peu \u00e0 peu de son nouvel entourage jusqu&rsquo; \u00e0 pouvoir en ma\u00eetriser les rennes avec un bonhomie et une ironie qui ont remplac\u00e9s ses col\u00e8res du d\u00e9but. On le voit tomber amoureux de Lamu petit \u00e0 petit sous nos yeux, malgr\u00e9 lui et en douceur finalement. une r\u00e9plique:La fleur: <em>Mademoiselle voulez vous \u00eatre ma petite amie ?<\/em> Une fleuriste: <em>Je suis d\u00e9sol\u00e9e monsieur le gard\u00e9nia,<\/em> <em>mais je ne peux accepter votre proposition.<\/em> La fleur: <em>Mais pourquoi? C&rsquo;est parce que je suis une fleur c&rsquo;est \u00e7a?<\/em><br \/>\nUSAGI YOJIMBO (Stan Saka\u00ef\/Paquet): Le postulat \u00e9tait trop casse gueule. M\u00e9langer les histoires de samoura\u00ef avec des personnages animaliers cousins de Donald Duck a s\u00fbrement discr\u00e9dit\u00e9 une bd qui n&rsquo;a rien \u00e0 envier \u00e0 Kogaratsu. Alors vous qui passez devant ce \u00ab\u00a0grand\u00a0\u00bb comics sans le voir, apprenez que vous ne savez pas ce que vous faites. Dot\u00e9 d&rsquo;un story-telling sans faille et d&rsquo;une mise en page impeccablement claire et cin\u00e9matique, Usagi Yojimbo capte le sens de l&rsquo;\u00e9pique et de l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e qu&rsquo;on trouve dans les bons films de samoura\u00efs notamment ceux de Kurosawa (dont l&rsquo;un des films s&rsquo;appelle Yojimb\u00f4 justement). la documentation historique est solide et font appara\u00eetre certains \u00e9pisodes comme quasiment didactiques ( je pense au Seppuku et \u00e0 la vie des paysans p\u00e9cheurs d&rsquo;algues). La galerie des personnages est vari\u00e9e et tr\u00e8s riche pour qu&rsquo;on y trouve tous les r\u00f4les in\u00e9vitables au sujet (ronins, voleuse ambulante, kuno\u00efchi, noble v\u00e9reux, rival du ma\u00eetre, fils ill\u00e9gitime, policier impuissant). Les sources sont probablement tr\u00e8s nombreuses et tr\u00e8s pointus, ainsi le cin\u00e9ma de Kurosawa est \u00e9videmment le plus visible, mais on trouve aussi des r\u00e9ferences \u00e0 <em>la pierre et le sabre<\/em> de Yoshikawa et au <em>Shogun <\/em>de James Clanvell, L&rsquo;inspecteur Hanshichi (le Holmes japonais) n&rsquo;est pas loin non plus tandis que les vieux mangas comme <em>Lone Wolf and cub <\/em>de Koik\u00e9 et Kojima et ceux de Hirata(l&rsquo;\u00e2me du Kyud\u00f4)sont clairement des influences. Digne h\u00e9ritier des feuilletonistes, Stan Sakai manipule de nomreuses intrigues parall\u00e8les avec maestria et sais reprendre l&rsquo;attention du lecteur par la diversit\u00e9 des aventures propos\u00e9es (fantastique, thriller,policier, duel, espionnage et chroniques historiques par exemple). \u00c9videmment on peut pr\u00e9f\u00e9rer les titres plus jolis (Le vagabond, Kogaratsu), plus violents (L&rsquo;habitant de l&rsquo;infini), plus craignos et sois disant plus r\u00e9aliste (Lone wolf&#8230;) ou plus fantaisiste (Kenshin le vagabond) mais \u00e0 mon sens Usagi Yojimbo les surpasse tous de par sa rigueur, son extr\u00eame fluidit\u00e9 et son sens de la saga profond\u00e9ment humaine. \u00e9trange pour des bestioles n&rsquo;est-ce pas? Une r\u00e9plique:  Usagi: <em>Tous tes<\/em> <em>camarades sont morts.<\/em>Chizu:  <em>Le devoir du ninja est de mourir.<\/em>Usagi: <em>Tu n&rsquo;y crois pas<\/em> <em>vraiment?<\/em>Chizu: <em>H\u00e9las, si! Je le dois sinon je vais devenir folle de chagrin.<\/em><br \/>\nDE CAPES ET DE CROCS (Alain Ayroles-Jean luc Masbou\/D\u00e9lcourt): C&rsquo;est trop beau pour n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une bd. C&rsquo;est au del\u00e0 des mots et cela devrait \u00eatre enseign\u00e9 en classe tant le langage employ\u00e9 est plus beau que dans la plupart des bouquins qu&rsquo;on colle dans la pattes des gosses pour les faire soit disant r\u00e9fl\u00e9chir. De capes et de crocs nous conte les aventures pittoresque et fabuleuses d&rsquo;un homme loup hidalgo et d&rsquo;un homme renard gascon , mousquetaire du roi et po\u00e8te au temps de l&rsquo;ancien r\u00e9gime. Un lapin mignon comme tout, et leurs belles (pour lesquelles ils se surpassent) les rejoignent \u00e0 travers les mers contre le hollandais volant et jusque sur la lune au pays des s\u00e9l\u00e9nites. C&rsquo;est d&rsquo;abord une synth\u00e8se habile de toute la culture litt\u00e9raire de cette \u00e9poque. \u00c7a commence comme une fable de La Fontaine pour peu \u00e0 peu se m\u00e9langer th\u00e9\u00e2tre de Moli\u00e8re (vieil avare et gal\u00e8re turque sont la partie)puis aux r\u00e9cits pleins de rebondissements de Dumas. Enfin on se remet dans le contexte musical et fantasmagorique de l&rsquo;\u00e9poque des lumi\u00e8re (voir \u00e0 ce sujet comment sont d\u00e9crites les repr\u00e9sentations de ballet et les designs des cr\u00e9atures marines) l&rsquo;effort fait pour reproduire l&rsquo;esprit cette p\u00e9riode est telle que m\u00eame la vision de la science est celle du temps pass\u00e9 (comment aller sur la lune? voir les \u00e9crits du vrai Cyrano \u00e0 ce sujet) Profond\u00e9ment lettr\u00e9e, cette oeuvre brille comme un diamant dans le charbon sur les \u00e9tals vulgaires de la Fnac.   une bouff\u00e9e d&rsquo;oxyg\u00e8ne de pouvoir se dire que des artistes imaginent encore \u00e0 l&rsquo;heure qu&rsquo;il est la monde plus beau, plus intelligent qu&rsquo;il n&rsquo;est sans avoir \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 dans un cachot. De capes et de crocs est la bd qui m&rsquo;a sauv\u00e9 la vie \u00e0 l&rsquo;aube de mes trente ans, elle m&rsquo;a redonn\u00e9 l&rsquo;espoir de voir qu&rsquo;on rigole pas forc\u00e9ment de l&rsquo;amour en vers, car enfin les r\u00e9pliques sont souvent en alexandrins quand il s&rsquo;agit de magnifier, la nature, l&rsquo;amour et le vibrant sentiment de se sentir vivant \u00e0 l&rsquo;approche du danger et de l&rsquo;aventure qui n &lsquo;est qu&rsquo;un moyen de pouvoir acc\u00e9der \u00e0 un monde merveilleux comme le paradis: le monde qu&rsquo;on r\u00eave&#8230; Une r\u00e9plique: <em>L&rsquo;ultime alexandrin sera le coup de gr\u00e2ce, ass\u00e9nant sans merci douze pieds dans ta face. <\/em>et beaucoup d&rsquo;autres. le duel des h\u00e9ros avec le ma\u00eetre d&rsquo;armes est beau \u00e0 pleurer.<\/p>\n<h5>GTO (T\u00f4ru Fujisawa\/Pika): voil\u00e0 un manga qui d\u00e9pote. Great Teacher Onizuka est un jeune branleur ancien loubard et la star de son quartier. Il a vingt deux ans et se demande ce qu&rsquo;il va bien pouvoir faire de sa vie. Il va devenir prof parce c&rsquo;est cool, qu&rsquo;on voit des lyc\u00e9ennes et qu&rsquo;on a beaucoup de vacances. ouais c&rsquo;est d\u00e9cider, il va devenir un \u00ab\u00a0great teacher\u00a0\u00bb. Tellement nul, il ne trouvera un taf que dans une \u00e9cole prive moins regardante sur la provenance des enseignants, leur r\u00f4le se bornant a faire de la garderie vaguement \u00e9ducative pour les gosses de riches (la similitude avec le syst\u00e8me fran\u00e7ais est assez troublante). Le voil\u00e0 donc bombard\u00e9 prof principal d&rsquo;une classe qui a jur\u00e9 la mort des profs mais Onizuka est bien plus mena\u00e7ant que des gamins de quatorze ans.  En plus d&rsquo;\u00eatre fendard, ce sh\u00f4nen r\u00e9ussit plusieurs tours de force. D&rsquo;abord il est bien \u00e9crit par un vrai auteur qui sait varier les plaisirs qui a des choses  dire. Des choses \u00e0 dire sur le Japon et la crise g\u00e9n\u00e9rationnelle qu&rsquo;il traverse. Plus d&rsquo;une fois Fujisawa pointe du doigt la g\u00e9n\u00e9ration des baby-boomers nourrie au biberon de la r\u00e9ussite professionelle et une jeunesse occidentalis\u00e9e en manque de rep\u00e8res, un peu comme s&rsquo;ils \u00e9taient les premiers lemmings \u00e0 voir le gouffre et \u00e0 vouloir l&rsquo;\u00e9viter. Ensuite, les gosses dont s&rsquo;occupe Onizuka ne sont pas des gamins des rues, ce sont de petits parvenus \u00e0 la sale mentalit\u00e9. Ils se comortent de fa\u00e7on violente et extr\u00e8me mais ce ne sont pas des exclus sociaux. La crise selon l&rsquo;auteur est donc partout r\u00e9partie dans toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9. le probl\u00e8me est avant tout dans la jeunesse et ses multiples traumatismes. Onizuka arrange tout \u00e7a au cas par cas comme devrait la faire n&rsquo;importe quel \u00ab\u00a0great teacher\u00a0\u00bb. Enfin, le vrai truc important c&rsquo;est qu&rsquo;Onizuka  fait accepter la diff\u00e9rence. Il n&rsquo;int\u00e8gre pas la brebis galeuse au troupeau, non il force la masse, la majorit\u00e9 \u00e0 accepter la dff\u00e9rence o\u00f9 le hors norme. Il n&rsquo;y  pas d&rsquo;ammendement, l&rsquo;otaku reste un otaku, une simplette, une simplette mais plus personne n&rsquo;est plus marginal. Onizuka redonne son sens au mot tol\u00e9rance. c&rsquo;est bien parce que c&rsquo;est rare. les \u00e9litistes et leur monde pourri, Onizuka leur pisse \u00e0 la raie. Une r\u00e9plique: <em>Salut \u00e0 tous, je suis Onizuka le voleur!&#8230;Votre fric je peux pas vous le rendre et alors \u00e7a vous d\u00e9range !?<\/em><\/h5>\n<p>PLANETARY (Warren Ellis-John Cassaday\/Semic-Panini): C &lsquo;est tr\u00e8s difficile de convaincre le public non initi\u00e9 de la qualit\u00e9 de Planetary. Tous les fans de comics pourtant sont d&rsquo;accord: C&rsquo;est g\u00e9nial!  Alors pourquoi le disent ils? Parce que Planetary est fait pour eux avec un regard au scalpel non d\u00e9pourvu toutefois de tendresse nostalgique. Ce comic n&rsquo;est pas une bd de super-h\u00e9ros, c&rsquo;est une bd <em>sur <\/em>les super-h\u00e9ros et plus largement sur tout le spectre litt\u00e9raire dans ce qu&rsquo;il a de plus l\u00e9gendaire qui a pu les engendrer pendant le XXe si\u00e8cle. Elijah Snow(qui a la t\u00eate d&rsquo;Hugo Pratt), Jakita Wagner et le batteur sont des arch\u00e9ologues de l&rsquo;impossible, ils exhument tous les \u00e9venements cach\u00e9s du XXe si\u00e8cle. Cela va du h\u00e9ros de pulp des ann\u00e9es 40 au fant\u00f4mes chinois en passant par godzilla, Sherlock Holmes, les quatre fantastiques et m\u00eame Marylin Monroe. chaque \u00e9pisode est unique et poss\u00e8de sa propre ambiance \u00e0 laquelle le dessinateur s&rsquo;adapte \u00e0 chaque fois donnant une richesse graphique de haute vol\u00e9e. Il est esprits chagrins qui ont tax\u00e9 Warren Ellis de multiples plagiats et de r\u00e9f\u00e9rences trop marqu\u00e9e accusant Planetary de n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un vulgaire catalogue d&rsquo;influences. Ce proc\u00e8s est inique car Ellis porte bien plus  haut l&rsquo;analyse de ce qu&rsquo;est le \u00ab\u00a0comic am\u00e9ricain\u00a0\u00bb par une ironie et un ton personel tout en rendant ind\u00e9niablement hommage au genre sans vulgarit\u00e9 ni facilit\u00e9. Planetary est sans doute l&rsquo;un des meilleur titre anglo-saxon de ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es. La r\u00e9ference de demain? une r\u00e9plique: Snow: <em>Quel monde \u00e9trange !<\/em> Jakita: <em>Pourvu que \u00e7a dure&#8230;<\/em><br \/>\nSOUS UN RAYON DE SOLEIL (Tsukasa Hojo\/tonkam):  Se rem\u00e9morant les escapades buissoni\u00e8res de notre enfance, quand nous nous \u00e9merveillions devant le spectalce toujours simple mais chaque fois renouvel\u00e9 de la nature, nous \u00e9tions heureux.  C&rsquo;est dans cet esprit que Tsukasa Hojo a con\u00e7u \u00ab\u00a0Sous un rayon de Soleil, petite oeuvre charmante et d\u00e9sarmante faite entre deux plus gros morceaux (City Hunter et Family Compo). On sens le sentiment de vacances, de d\u00e9tente et de non effort. L&rsquo;histoire de cette petite fille en fait une f\u00e9e des arbres, met \u00e9videmment les fleurs et la nature \u00e0 l&rsquo;avant plan , mais elle d\u00e9crit beaucoup les enfants, leurs sentiments et leur rend une puret\u00e9 dans un monde d\u00e9pourvu de r\u00e9elle m\u00e9chancet\u00e9 (comme dans Yostuba). L&rsquo;auteur l&rsquo;a d&rsquo;ailleurs \u00e9crite pour ses enfants et cet esprit visant \u00e0 transmettre \u00e0 plus jeune hante cette petite perle. Transmettre aux enfants symboles d&rsquo;avenir, notre amour nostalgique de la nature afin qu&rsquo;on puisse la partager tous ensemble r\u00e9unis pr\u00e8s des for\u00eats. Une vraie passion de l&rsquo;\u00e9cologie anime ces quelques pages pour mieux les enluminer gr\u00e2ce au graphisme de Hojo qui comme d&rsquo;habitude, tout en \u00e9motion joue avec ses pinceaux comme d&rsquo;une lyre pour mieux nous tirer les flots des notre coeur de citadins aigris,que l&rsquo;on croyait tarri. On craque pour la petite Sarah et ses fleurs mais d\u00e9j\u00e0 un autre coeur l&rsquo;appelle et il faut la laisser partir \u00e0 l&rsquo;issue de ces trois tomes. nous la garderons en nous comme un joli souvenir verdoyant jusqu&rsquo;\u00e0 la prochaine lecture. On peut passer \u00e0 cot\u00e9 de ce manga comme on peut passer \u00e0 cot\u00e9 du bonheur sans qu&rsquo;on le sache jamais, mais ce serait dommage avouez le. Une r\u00e9plique: <em>C&rsquo;est ici que j&rsquo;ai rencontr\u00e9 Sarah pour la premi\u00e8re fois, et c&rsquo;est ici que j&rsquo;ai compris que les arbres avaient une \u00e2me.<\/em><br \/>\nComme son nom l&rsquo;indique, cette rubrique est sans doute la plus personnelle et la plus passion\u00e9e mais s&rsquo;il est des titres que je voudrais pouvoir faire aimes, c&rsquo;est bien ceux ci&#8230;<br \/>\nProchainement: Les valeurs s\u00fbres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>STRANGERS IN PARADISE (Terry Moore\/Akil\u00e9os): Que dire? SIP est un authentique chef d&rsquo;oeuvre du 9e art. Pourquoi ? Parce que l&rsquo;histoire d&rsquo;amiti\u00e9 et d&rsquo;amour entre les trois personnages principaux est incroyablement bien \u00e9crite. Un mot sur l \u00e9criture de cet ovni. l&rsquo;auteur s&rsquo;accorde toutes les libert\u00e9s narratives qui lui serviront \u00e0 rendre au mieux les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":1796,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-90","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-dossiers-bd"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=90"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/90\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1796"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=90"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=90"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=90"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}