{"id":20,"date":"2007-06-17T23:31:47","date_gmt":"2007-06-17T21:31:47","guid":{"rendered":"http:\/\/www.masog.net\/bd\/?page_id=20"},"modified":"2007-06-17T23:31:47","modified_gmt":"2007-06-17T21:31:47","slug":"perdant","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/masog.net\/wordpress\/textes\/perdant\/","title":{"rendered":"PERDANT"},"content":{"rendered":"<p id=\"citation2\" align=\"center\"><em>\u00c9crit par Eddy van leffe, avril 2000.<\/em><\/p>\n<p>   John avait un nom et une vie simple, nul n&rsquo;aurait song\u00e9 \u00e0 lui          chercher des poux dans la t\u00eate. Il travaillait dans un bureau tout simple          dans une administration non moins simple qui \u00e9tait situ\u00e9e dans une rue          normale entre un commerce et un cabinet de m\u00e9decin. Au loin on pouvait          voir l&rsquo;\u00e9glise qui jouxtait la mairie.<br \/>\nEn rentrant chez lui, il chantait un de ces airs si connus qui parcourent          \u00e0 longueur de journ\u00e9e les ondes F.M. . Ces m\u00e9lodies sont si connues qu&rsquo;il          arrive parfois par co\u00efncidence qu&rsquo;on soit plusieurs \u00e0 la fredonner dans          un espace restreint et que les personnes qui murmurent le refrain en question          ne se connaissent pas du tout et ne partagent pas les m\u00eames origines sociales.          C&rsquo;est ce qui arriva lorsque John monta dans le bus en direction de sa          vie tranquille.<br \/>\nIl avait clairement l&rsquo;air dans la t\u00eate mais lorsqu&rsquo;il s&rsquo;arr\u00eata d&rsquo;y penser          au d\u00e9tour d&rsquo;un \u00e9ternuement quelqu&rsquo;un siffla le morceau au moment exact          o\u00f9 il avait interrompu son disque mental. Il se retourna vivement \u00e9tonn\u00e9          qu&rsquo;il \u00e9tait de cette co\u00efncidence mais ne vit personne dans la direction          des notes de musiques comme si elles venaient d&rsquo;une radio. D&rsquo;ailleurs          \u00e0 la r\u00e9flexion maintenant qu&rsquo;il avait fait volte-face il n&rsquo;entendait plus          ce sifflement. Il regarda les individus derri\u00e8re lui et il se d\u00e9tourna          en baissant les yeux de honte : il avait de la morve occasionn\u00e9e par l&rsquo;\u00e9ternuement          qui pendait et \u00e7a faisait un contraste avec sa mine curieuse o\u00f9 l&rsquo;on pouvait          d\u00e9celer une sourde inqui\u00e9tude. Bref il avait eu un court instant la t\u00eate          d&rsquo;un espion russe \u00e0 Berlin-Ouest lorsqu&rsquo;on vient de prononcer son nom          en pleine rue. Un espion qui a un gros rhume. John s&rsquo;essuya le nez et          se dit finalement qu&rsquo;il pr\u00e9f\u00e9rait entendre chanter ou siffler dans son          dos que rire dans son dos.<br \/>\nMais cela recommen\u00e7a. A l&rsquo;endroit o\u00f9 cela s&rsquo;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9 du moins c&rsquo;\u00e9tait          ce que John pensa puisqu&rsquo;il \u00e9tait incapable d&rsquo;en d\u00e9terminer le moment          pr\u00e9cis mais cela formait dans son esprit une logique irr\u00e9futable. Il regarda          s&rsquo;il y avait des enceintes qui auraient pu diffuser pareil bruit. Sans          succ\u00e8s. Et le sifflement continuait sans faute et sans <strong>fausse note<\/strong>.<br \/>\nCette fois, il fit mine de se retourner discr\u00e8tement, ce qui apr\u00e8s l&rsquo;incident          n&rsquo;\u00e9tait pas gagn\u00e9. Ils \u00e9taient quatre au fond du bus : une m\u00e8re avec sa          fille qui avait bien du mal \u00e0 calmer son hilarit\u00e9 face au \u00ab\u00a0monsieur          plein de morve\u00a0\u00bb, un homme qui lisait son journal et un jeune noir          m\u00e2chant un chewing-gum tout en cherchant dans sa poche arri\u00e8re de jean          une cigarette un peu moins ab\u00eem\u00e9e que les autres. C&rsquo;est alors que John          r\u00e9alisa qu&rsquo;une fois encore le bruit s&rsquo;\u00e9tait \u00e9vanoui pendant qu&rsquo;il observait          les gens derri\u00e8re lui. De toute fa\u00e7on, <strong>personne<\/strong> ne sifflait \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re          du car.<br \/>\n\u00ab\u00a0On se moque de moi \u00a0\u00bb pensa John et il se jura de ne plus s&rsquo;y faire          prendre. Jur\u00e9. L&rsquo;aga\u00e7ante m\u00e9lodie repris pourtant, toujours aussi juste,          comme imit\u00e9e par un ordinateur. John frissonna malgr\u00e9 lui \u00e0 cette id\u00e9e          : <strong>ce n&rsquo;\u00e9tait pas humain<\/strong>. Il se contraint \u00e0 regarder par la vitre,          mais il ne remarqua ni les affiches ni les b\u00e2timents ou encore l&rsquo;endroit          du trajet, tout ce qui occupait son esprit, c&rsquo;\u00e9tait ce cruel parasite          en forme de chanson. Cela lui taraudait le cerveau. La m\u00e8re et sa fille          descendirent enfin, et John observa les portes s&rsquo;ouvrir et se refermer          et cela lui parut un mouvement d&rsquo;une lenteur infinie. Et le bruit qu&rsquo;elles          faisaient avait au moins le m\u00e9rite de couvrir le sifflement moqueur<br \/>\n\u00ab\u00a0Merde\u00a0\u00bb se dit John je ne vais pas me laisser faire par un petit con.          Il se retourna pour faire face \u00e0 son pers\u00e9cuteur. Le son s&rsquo; arr\u00eata comme          les autres fois et il les regarda d&rsquo;un air de d\u00e9fi, il ne se laisserait          plus intimider par ce genre de plaisanterie gratuite et de mauvais go\u00fbt.          Le plus vieux des deux avait fini de lire son journal et semblait ne donner          que peu d&rsquo;attention \u00e0 John, non, il se contentait de se curer le nez avec          une certaine nonchalance, la m\u00e9saventure de John lui ayant s\u00fbrement donn\u00e9          conscience de ses propres embarras nasaux. Le jeune avait entretemps trouv\u00e9          une cigarette pas trop esquint\u00e9e mais avait renonc\u00e9 \u00e0 la fumer tout de          suite sous l&rsquo;\u0153il s\u00e9v\u00e8re du type au journal et au nez rempli. \u00c9videmment          aucun d&rsquo;entre eux n&rsquo;osait siffler le tube tant qu&rsquo;il les regardait dans          le blanc des yeux, ils n&rsquo;auraient pas cette franchise ni ce toupet. <strong>Mais          la chanson surgit une fois de plus de derri\u00e8re lui.<\/strong><br \/>\nL\u00e0, John sentit une panique le saisir \u00e0 la nuque. Qui pouvait le narguer          comme \u00e7a et dans quel but tordu? John se perdait en conjecture et sentait          sa respiration redevenir celle de son adolescence, le moment de sa vie          o\u00f9 il \u00e9tait vuln\u00e9rable parce qu&rsquo;il \u00e9tait asthmatique. Il se rappela ces          longues ann\u00e9es de faiblesse pendant lesquelles ses camarades s&rsquo;amusaient          \u00e0 le pousser \u00e0 bout rien que pour le voir s&rsquo;\u00e9touffer et devenir tout bleu.          L\u00e0 il commen\u00e7a \u00e0 devenir fou et tourna sa t\u00eate dans tous les sens afin          de rep\u00e9rer l&rsquo;individu qui lui en voulait autant, sans jamais le trouver.          Toujours ce sifflement. Au bord de l&rsquo;apoplexie, John ne parvenait plus          \u00e0 mettre une id\u00e9e en place. Tout ce qu&rsquo;il savait c&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;il avait besoin          d&rsquo;air, d&rsquo;air et de s&rsquo;\u00e9loigner le plus possible de se v\u00e9hicule entier qui          semblait se payer sa t\u00eate. Les portes de sorties s&rsquo;ouvrirent de nouveau.          C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 ses yeux une ouverture symbole de libert\u00e9, il s&rsquo;y engouffra          sans plus r\u00e9fl\u00e9chir. L&rsquo;id\u00e9e juste de sortir lui paraissait la seule acceptable          sur l&rsquo;instant.<br \/>\nDehors, il respira \u00e0 pleins poumons. L&rsquo;air froid des mois d&rsquo;hiver lui          r\u00e9g\u00e9n\u00e9ra la poitrine et son souffle reprit son cours habituel. C&rsquo;est alors          qu&rsquo;il se rep\u00e9ra, il \u00e9tait \u00e0 deux arr\u00eats de chez lui : au niveau de l&rsquo;\u00e9cole          maternelle. Il devait faire le reste de la route \u00e0 pied, ce n&rsquo;\u00e9tait pas          trop grave mais la situation ne manquait pas de ridicule. Le rire vint          l&rsquo;interrompre dans sa pens\u00e9e comme dans sa marche . C&rsquo;\u00e9tait un rire bienfaisant,          il gu\u00e9rit instantan\u00e9ment toute la peur qu&rsquo;il avait ressentit quelques          instants plus t\u00f4t. En effet m\u00eame le ridicule ne l&rsquo;effrayait plus il \u00e9tait          descendu d&rsquo;un bus parce qu&rsquo;il avait entendu quelqu&rsquo;un siffloter cette          chanson. Cette chanson qu&rsquo;il entendait de nouveau. <strong>Encore<\/strong>.<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait lui qui la chantait, elle lui \u00e9tait tellement encr\u00e9e dans la          t\u00eate qu&rsquo;il la fredonnait sans s&rsquo;en rendre compte. L\u00e0 encore il pouffa.          Les gens qui le croisaient le regardaient avec surprise et un amusement          \u00e0 peine d\u00e9guis\u00e9, sauf cette femme semblant sortir d&rsquo;un catalogue de pr\u00eat          \u00e0 porter. Non, elle ne riait pas, elle lui souriait comme si elle le connaissait          et elle embraya sur ce qu&rsquo;il avait susurr\u00e9.<br \/>\nSON sourire lui gla\u00e7a le sang, il n&rsquo;avait pas boug\u00e9 d&rsquo;un millim\u00e8tre comme          la m\u00e9lodie sortait de sa bouche ensorceleuse.<br \/>\n\u00ab\u00a0i was in your arms , thinking I belonged there. . .\u00a0\u00bb<br \/>\nLes sons maudits s&rsquo;\u00e9loignaient et se perdaient dans le brouhaha de la          rue \u00e0 dix huit heure jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus qu&rsquo;\u00eatre un murmure ou plut\u00f4t un sifflement          aigu tel celui des camions de travaux quand ils reculent. Pourquoi cela          le poursuivait ? Pourquoi ?<br \/>\n\u00ab\u00a0the winner takes&#8230;\u00a0\u00bb <strong>Assez !!!<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Ah bravo, ils avaient gagn\u00e9s\u00a0\u00bb John reperdait les p\u00e9dales. D&rsquo;un geste          brusque il se retourna une fois encore et scruta l&rsquo;horizon . La jeune          femme avait disparue et personne dans la foule ne semblait faire grand          cas de ce type hagard qui gesticulait. Personne except\u00e9 les deux hommes          en noir qui ressemblaient \u00e0 des agents secrets. Il reprit sa marche \u00e0          travers les axes routiers qui le s\u00e9paraient de la s\u00e9curit\u00e9 du doux foyer.          Il marchait, il marchait mais il entendait toujours le texte du hit, il          lui parlait, il lui disait :\u00a0\u00bbNe m&rsquo;oublie pas.\u00a0\u00bb <strong>Tu ne m&rsquo;oublieras          jamais, n&rsquo;est ce pas?<\/strong><br \/>\nLes lyrics de ce succ\u00e8s le pointaient du doigt et lui disaient encore          que c&rsquo;\u00e9tait lui le <strong>perdant<\/strong>. PERDANT! Perdant, perdant. perdant          &#8230;<br \/>\nEn m\u00eame temps les notes assembl\u00e9es entre elles formaient un carcan qui          emprisonnaient son \u00e2me et le conduisaient \u00e0 la folie lui qui voulait simplement          rentrer chez lui. Il jeta un coup d&rsquo;\u0153il derri\u00e8re lui Les deux hommes \u00e9taient          encore l\u00e0. Etait-ce bien les m\u00eames ? Oui, il en \u00e9tait certain pourtant          ils lui avaient paru plus trapus mais c&rsquo;\u00e9tait les m\u00eames, ils le suivaient          et ils le suivraient jusqu&rsquo;\u00e0 fin. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux avait un walk-man et          c&rsquo;\u00e9tait de l\u00e0 que la ballade se diffusait mais vu la distance qui les          s\u00e9parait de lui il \u00e9tait impossible pour John de l&rsquo;entendre . La logique          ne s&rsquo;appliquait plus dans son cerveau, il acc\u00e9l\u00e9ra au point de presque          courir. Ah! Il entrait dans la derni\u00e8re rue et il aper\u00e7ut sa demeure (comme          elle lui semblait loin! ). Il acc\u00e9l\u00e9ra encore d&rsquo;avantage. Toujours cette          maudite musique, ces maudites paroles!<br \/>\nMais maintenant des jappements se m\u00e9langeaient aux notes, des aboiements          se substituaient au texte, mais ils paraissaient avoir le m\u00eame sens. Sarcastiques          et ignobles. Il se retourna encore et vit!<br \/>\nIl vit deux chiens, deux dobermans dont les yeux, reflets d&rsquo;un autre          monde, phosphoraient dans la clart\u00e9 de l&rsquo;\u00e9clairage publique. Leurs souffle          se materialisaient en de nuages au ras du sol. Leurs respirations \u00e9taient          bruyantes et ardentes. Ils courraient apr\u00e8s John comme apr\u00e8s un renard          . L&rsquo;un des deux chiens avait un <strong>walkman<\/strong>.<br \/>\nAlors John courut , il d\u00e9tala en direction de sa maison. il ne comprenait          rien \u00e0 la situation mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas le moment de r\u00e9fl\u00e9chir, il n&rsquo;\u00e9tait          plus qu&rsquo; action, plus que jambes qui se dirigeaient vers le refuge: son          domaine.<br \/>\nChez lui, il \u00e9tait le ma\u00eetre et il pouvait contr\u00f4ler les choses.<br \/>\nIl savait qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas le droit \u00e0 l&rsquo;erreur et il s&rsquo;arrangea pour          sortir ses cl\u00e9s \u00e0 l&rsquo;avance. Il d\u00e9fon\u00e7a le portique mais pris le soin de          le refermer pour retarder au moins une demi-seconde les cr\u00e9atures qui          le rattrapaient, il fit jouer la cl\u00e9, poussa la porte, rentra, s&rsquo;y adossa          pour \u00eatre s\u00fbr qu&rsquo;elle se referme bien. Et c&rsquo;est seulement lorsque le son          du battant se fit entendre que John s&rsquo; autorisa un peu d&rsquo;optimisme. Les          chiens continuaient leur course comme s&rsquo;ils poursuivaient une autre victime,          apr\u00e8s tout ils y avait pleins d&rsquo;autre quidams comme lui. Dans la maison          ce n&rsquo;\u00e9tait que silence.<br \/>\nLe silence.<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait bon de profiter du silence, rien , rien ne semblait produire          un son dans la pi\u00e8ce. Ainsi que dans les films quand on coupe le son.          Alors les clapotis de la cuisine qu&rsquo;on pr\u00e9pare se fit percevoir.<br \/>\n\u00ab\u00a0-Ch\u00e9ri c&rsquo;est toi ?\u00a0\u00bb<br \/>\n-\u00ab\u00a0Oui Mary je suis rentr\u00e9.\u00a0\u00bb<br \/>\nC&rsquo;\u00e9tait bon aussi d&rsquo;entendre la douce voix de Mary, ce ton rassurant          et ces mots attentionn\u00e9s pour de vrai tranchaient avec les sons \u00e9lectriques          et agressifs qu&rsquo;il avait entendu pendant tout le trajet. A y repenser          c&rsquo;\u00e9tait vraiment un truc de dingue, ce qui lui \u00e9tait arriv\u00e9 Mais il ne          fallait plus y penser, Mary \u00e9tait l\u00e0 pour lui dire \u00e0 quel point il avait          pu d\u00e9lirer et c&rsquo;\u00e9tait fini de toute fa\u00e7on. Fini pour de bon.<br \/>\nJohn remarqua alors un petit paquet sur la table, cela devait \u00eatre un          cadeau. Il \u00e9tait fin et carr\u00e9 surmont\u00e9 d&rsquo;un joli ruban jaune.<br \/>\n_\u00a0\u00bbQu&rsquo;est ce que c&rsquo;est ch\u00e9rie? c&rsquo;est pour moi? Il n&rsquo;y a pourtant rien          de sp\u00e9cial \u00e0 f\u00eater aujourd&rsquo;hui!\u00a0\u00bb<br \/>\n-\u00ab\u00a0Depuis une \u00e9pouse aimante a-t-elle besoin d&rsquo;une excuse pour offrir          un cadeau \u00e0 son gentil petit mari?\u00a0\u00bb<br \/>\n-\u00ab\u00a0Heu, oui en effet. Mais qu&rsquo;est ce que c&rsquo;est?\u00a0\u00bb<br \/>\n-\u00ab\u00a0Pourquoi ne l&rsquo;ouvres tu pas? Tu sauras ce que c&rsquo;est comme \u00e7a. En fait          j&rsquo;avais quelque chose \u00e0 me faire pardonner, tu sais.\u00a0\u00bb<br \/>\nJohn ouvrait lentement le paquet et ce faisant sa nuque se mit \u00e0 le          picoter il n&rsquo;aimait pas \u00e7a.<br \/>\n-\u00ab\u00a0Quoi donc?\u00a0\u00bb<br \/>\nLa r\u00e9ponse se perdit dans les limbes de son cerveau, il ne voyait que          l&rsquo;objet qu&rsquo;il tenait entre ses mains : un C.D. d&rsquo;Abba, une compile pleine          de tubes, remplie de rengaines maintes fois ressass\u00e9es. John \u00e9tait bloqu\u00e9          sur la plage 2, il ne voyait qu&rsquo;elle. Et son \u00e9pouse continuait :<br \/>\n-\u00ab\u00a0Alors \u00e7a te plait? Tu aimes ce groupe, non? Tu sais, il ne faut pas          m&rsquo;en vouloir mais quand j&rsquo; ai vu ce malheureux chien abandonn\u00e9, j&rsquo;ai craqu\u00e9.          Bon c&rsquo;est vrai qu&rsquo;il m&rsquo;a suivi pendant mes courses mais je n&rsquo;ai pas pu          faire autrement. Tu ne m&rsquo;en veux pas ?\u00a0\u00bb<br \/>\nMais John ne 1&rsquo;\u00e9coutait plus, il ne pouvait plus. Il n&rsquo;y arriverait          plus jamais, tout son univers n&rsquo;\u00e9tait plus que cette chanson en plage          2, cette chanson m\u00eal\u00e9e de jappements, de jappements d&rsquo;un autre monde.          Il la regardait \u00e0 pr\u00e9sent et ce qu&rsquo;il lui restait de conscience lui dit          que sa femme s&rsquo;\u00e9tait tass\u00e9e et qu&rsquo;elle avait un couteau un joli couteau          de cuisine. John sut qu&rsquo;il ne remporterait pas la victoire, qu&rsquo;il \u00e9tait          le perdant et il vit le chien.<br \/>\nCe chien sifflait.<\/p>\n<p align=\"center\"><strong>FIN<\/strong><\/p>\n<p><!-- #EndEditable --><!-- #BeginEditable \"texte\" --><\/p>\n<p align=\"center\"><font size=\"4\"><a href=\"http:\/\/www.masog.net\/?page_id=13\">Retour<\/a><\/font><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9crit par Eddy van leffe, avril 2000. John avait un nom et une vie simple, nul n&rsquo;aurait song\u00e9 \u00e0 lui chercher des poux dans la t\u00eate. Il travaillait dans un bureau tout simple dans une administration non moins simple qui \u00e9tait situ\u00e9e dans une rue normale entre un commerce et un cabinet de m\u00e9decin. 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